Courchevel l’origine du ski français

Nous avons vu dans un article précédent la naissance ancienne du tourisme Savoyard (1774).

Il s’est développé d’abord grâce aux thermes et aux sources d’eau et par la suite à la découverte de merveilles telles que la mer de glace du Mont Blanc et par les joies de la découverte du grand air.

chamonix 50

Avant la deuxième guerre mondiale (1939) de nouvelles activités d’hiver se sont développées grâce à l’avancé du train et de la voiture. La principale activité est le ski de piste.

Mais il ne suffit pas de neige et de pente pour pouvoir dévaler. Il faut  également remonter ces vallées.

La remonté des pentes va d’abord se développer grâce aux téléphériques et aux trains de montagne à partir de village comme Chamonix et Megève (1921).

Des systèmes de remontées mécaniques sont alors créés et les premières vraies stations de sport d’hiver ouvrent dans les anciennes stations d’été.

Des villages de « basse altitude » (900 à 1.200 m) participent à ce développement pionnier:

Le revard
Morzine
Valloire
Val d’Isère
Pralognon-la-vanoise
Saint Bon
Peisey-Nachoix
Bozel
Enfin Méribel (juste avant la deuxième guerre mondiale).

Ces stations seront nommées plus tard stations de première génération.
Traditionnellement d’été (centres de cures thermales, et villages de villégiature) elles sont devenues des stations de sports d’hiver en laissant leurs hôtels ouvrir l’hiver et en ajoutant des pistes couplées à des remontées mécaniques.

Leur problème est l’enneigement qui peut manquer en hiver du fait de la faible altitude de ces villages (900 à 1200 m).

L’après-guerre voit l’émergence de stations de seconde génération. Et avant tout celle de Courchevel.

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Déjà connue avant-guerre cette station n’a à vrai dire aucune existence physique.
Voilà comment  le Ski-touring (organe du Groupe des skieurs du Touring-club de France) décrit Courchevel sur Saint-Bon en 1937 :

Courchevel-sur-Saint-Bon. Courchevel ? Une cabane en bois et, un peu plus haut, une vieille petite masure servant à abriter les animaux malades. M. Schitz, un Parisien qui fut un des pionniers du ski en France acheta la cabane et, il y a quatre ans, M. Gassier, autre skieur parisien vint l’y rejoindre. Enthousiastes, ils ne révélèrent pas leur mystérieuse retraite mais M. Boccard en conclut que si deux Parisiens tenaient autant à ce coin d’autres seraient vite tentés. Il ouvrit un petit hôtel qui abrita l’an dernier le groupe d’étudiants du T.C.F. Sous l’afflux de demandes un ingénieur E.C.P., Labussière, quitta la Société où il avait un bel avenir pour faire construire deux amusants chalets qui furent pris d’assaut. Cette année deux hôteliers ont fait construire. Et voilà un centre où aucune route ne parvient qui abritera peut-être, à Noël, deux cents personnes ! Attrait du paysage magnifique et des belles excursions, voilà comment naît un centre. (source BNF Gallica).

En 1948 la Savoie démarra Courchevel et cela marque un tournant dans la conception d’une station puisqu’une direction d’ensemble fut donnée à l’opération.

Montrant à cette époque un sens précurseur du rôle qu’auront à jouer de plus en plus les collectivités locales dans l’aménagement du territoire, le Conseil Général de la Savoie décida de prendre en main la création de Courchevel, et de la diriger lui-même en régie sans le recours au système traditionnel de la concession.

Le département construisit et exploita les remontées mécaniques et en même temps créa un lotissement. Pour la première fois, le plan de ce lotissement ne se contenta pas d’assurer la seule circulation des voitures et piétons mais prenant en compte la spécificité d’une station de sports d’hiver, il essaya partiellement d’intégrer la circulation des skieurs, de façon que la majorité des résidences soit accessible à skis.

Un urbaniste, Laurent Chappis, fut choisi par le département et étudia le lotissement, non seulement en plan, mais aussi en volume et élévation, et contrôla tous les projets présentés par les acquéreurs, assurant ainsi une bonne homogénéité dans leur forme et aspect.

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Cette deuxième génération de stations nouvelles est caractérisée par l’étalement d’une suite parfois un peu décousue de petits immeubles bien individualisés, alignés le long d’un réseau routier étiré en serpentin sur plusieurs kilomètres. Une telle extension en longueur et dénivelé ne facilite pas la création d’un centre vivant et ramassé et elle oblige, pour de nombreux déplacements, à utiliser la voiture.

D’autres stations furent alors créées à cette époque sur ce plan :

Méribel (les Trois Vallées)
Chamrousse (Isère)
Les Deux Alpes

Le succès immédiat de ces stations va pousser les pouvoirs publics à développer de nouveaux types de stations (dites de 3ème génération) et le fameux Plan Neige. Nous verrons dans un autre article cette troisième génération de station.

 

 

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